

Les personnages d'Oniria

« Alors les yeux d’Eliott sortirent du brouillard. Il vit ce que désignait le professeur : un chevalier, une princesse, un donjon, un dragon… tout son rêve gribouillé machinalement au crayon dans la marge de sa leçon de géométrie. Le professeur attrapa le cahier et l’exhiba devant toute la classe.
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Regardez ce qu’a dessiné votre camarade ! lança-t-il d’un ton narquois. »
« Les caricatures de professeurs ou de célébrités qu’il dessinait en un rien de temps faisaient fureur dans la cour de récréation, de même que les histoires incroyables que son père rapportait de ses nombreux voyages, et qu’Eliott racontait avec passion. Philippe Lafontaine, le père d’Eliott était grand reporter. […] Eliott l’adorait. »
« Eliott s’était retrouvé, en moins de deux mois, privé de son père et de son meilleur ami. Il était déboussolé. C’est à ce moment-là qu’il avait commencé à se renfermer sur lui-même. »
« Pour la première fois depuis des mois, il avait parlé des voyages de son père, croyant impressionner Arthur. Mauvais calcul. Arthur avait traité Eliott de bébé qui avait besoin de son père pour exister. Eliott avait traité Arthur de crétin prétentieux. La guerre était déclarée. Une guerre déséquilibrée. Arthur était sûr de lui, charismatique, et il plaisait aux filles. Eliott, lui, était souvent d’humeur maussade, passait son temps à rêver et pouvait se montrer agressif si on lui posait trop de questions. Peu à peu, toute la classe s’était retournée contre lui. »
« C’est ainsi qu’Eliott appelait lui-même son remarquable sens de l’observation, qui lui permettait de repérer en un clin d’œil des détails que personne d’autre ne voyait, et d’en tirer des conclusions le plus souvent exactes. »
« Eliott passait énormément de temps à dessiner. Et pas seulement pendant les cours de maths. Il dessinait les héros de ses histoires préférées, inventait des paysages, des personnages, des objets plus ou moins farfelus. Dessiner le détendait et lui permettait de s’échapper dans un monde rien qu’à lui. »